L'histoire du DJing

L'histoire du DJing

L'histoire du DJing

Le DJing, ou Djaying, semble être un phénomène nouveau. Il est vrai que les fonctions du DJ ont évolué à travers le temps et au fil de l’amélioration des outils technologiques et techniques. Le DJ est plus visible aujourd’hui. Pour autant, il n’est pas né du dernier tube. Dès les années 50, la fonction de « passeur de disque » (plus tard on appellera ça « disquaire ») commence à se faire voir dans les soirées branchées. D’ici une ou deux décennies, il se peut que l’on décide de fêter les 100 ans de la fonction de DJ. L’occasion d’un regroupement mondial des meilleurs DJ ?

L’émergence de la radio

Ce qui permet au métier de DJ d’être reconnu aujourd’hui tient à une invention majeure du début du XXème siècle, ou du moins à sa démocratisation ; la radio. Sans radio, pas de disque. Sans disque, pas de discothèque. Sans discothèque… Et c’est justement ce second point, l’apparition des discothèques, des clubs, des bars de nuit, des soirées privées branchées, qui permet aux tous premiers DJ de passer derrière ce qui ne s’appelait pas encore les platines. Les dancings de l’après guerre ont hérité d’un fonctionnement du à l’occupation. Les orchestres de Jazz étant pourchassés, les amateurs de danse passent des disques. Il faut bien continuer de s’amuser.

Deux modes de sortie cohabitent, les soirées à orchestre et les soirées à disque. L’industrie du disque profite de ce nouveau mode de consommation de la musique et se met doucement en marche. Petit à petit, les dancings disparaissent pour laisser la place aux clubs, où l’ambiance est sous la responsabilité du disquaire. Le monde de la nuit l’adule. Mais appartenir au monde de la nuit, ce n’est pas noble. C’est même honteux. Pour la reconnaissance, il faudra attendre encore quelques décennies. Même si parfois, et compte tenu du matériel de l’époque, certaines performances étaient déjà exceptionnelles.

Les années 60, les radios Américaines et le Swinging London

Aux États-Unis, les radios ont un temps d’avance. Elles diffusent des disques. Dès lors, deux voies se créent irrémédiablement ; le DJ de soirées et le DJ de radio. Les fonctions sont différentes, même si le rapport à la musique est forcément très fort. Entre l’animateur, qui parle entre les titres et le pur mixeur, il peut parfois y avoir un monde. Mais l’un et l’autre vont co-évoluer pendant les 4 décennies qui vont suivre. On commence déjà à entendre ce qui préfigure l’ère des DJ modernes ; un ensemble musical cohérent, et plus simplement une succession de disques.

Les premières reconnaissances du métier, c’est à Londres qu’il faut aller les chercher, au cœur des années 60, pendant le Swinging London. Les boîtes branchées ont leur propre DJ résidents. Malheureusement, ces derniers sont souvent coupés de leur public, enfermés qu’ils sont dans une bulle de verre puis de plexiglas. Il faut attendre le milieu des années 70 et des DJ comme Guy Cuevas pour voir enfin la fonction reconnue en France. Dès lors, des salons naissent et les discothèques s’équipent pour attirer les clients grâce à des sonos performantes. Le Disc-jockey vient de naître.

Disco, Hip-Hop, House, électro

Encore une fois, c’est aux États-Unis que les choses évoluent en premier lieu. Le rock est moins dansant. La technique progresse rapidement. Les mœurs se libèrent. La soul prend le pas. Le disco apparaît et draine des millions de personnes sur les pistes. C’est l’explosion des discothèques. Et les DJ commencent à se voir partout, jusque dans les bars. Mais alors que l’industrie du disque s’est saisie du filon disco et l’a essoré jusqu’à la moelle, jusqu’à le rejeter définitivement, les DJ des quartiers noirs de New-York remarquent des comportements particuliers sur les pistes de danse. Les danseurs se lâchent en solo quand la musique break. De là, naît le break dance, puis le Hip-hop. DJ Kool Herc est l’un des premiers à mixer bout à bout des breaks de différents morceaux. Un nouveau style est né. Un nouvel artiste aussi. Le disquaire enchainait les disques. Maintenant, le DJ sample, crée, fait du neuf avec du vieux. Il n’est plus un simple sélectionneur de morceaux. Il invente…

En France, on attend les années 80 avec la libéralisation des radios. D’ailleurs, c’est là que les DJ radios reviennent dans la danse. Désormais, ils imposent leur programmation. Les grandes radios font la pluie et le beau temps sur les clubs et autres discothèques. On veut danser sur ce que l’on a entendu à la radio. A part quelques éclats ici et là, la corporation est assez morose. La fonction n’est pas reconnue. Il faut dire que la liberté dans les choix est très limitée.

La French Touch, la libération

Avant la French Touch, la House music elle-même était confidentielle en France. Mais après les passages des DJ français des 90’s, la donne a complètement changé. Le DJ compose ses propres partitions, exécute ses morceaux en live, donne des concerts regroupant des dizaines de milliers de personnes. C’est l’étincelle qui manquait pour enfin reconnaître le Djing. Il aura fallu Kool Herc, Grandmaster Flash, la Zulu Nation des années 70, Grand Wizzard Theodore et le scratch, et même le grand Herbie Hancock pour faire de cette fonction un art et une profession à part entière. Aujourd’hui, le DJ est résident ou mobile, animateur ou pure player, créatif ou passeur… Il est tout le panel de ce qu’offre le Djing depuis ses débuts, il y a presque un siècle…

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